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Outils dont il faut se servir avec tempérance et justice afin d’en extraire tous les bienfaits pour les uns, outils avec lesquels il faut prendre du recul et savoir dépasser pour les autres. [1] [2]

“Il faut remarquer. Clinias, qu’il n’existe pas un être qui n’ait naturellement de quoi conserver ses ouvrages ; c’est dans l’animal le rôle essentiel de l’âme et de la tête.”

“C’est la vertu de ces deux choses qui assure à tout animal le conservation de son être.”

Platon, Les Lois (Livre XII)

J’ai toujours été dépassé quand je voyais des personnes en béatitude et en extase face à des allégories d’anges ou d’autres chimères du monde grec et oriental, et condamner des allégories utilisant des images de notre temps (cyber-punk, etc) que je trouve tellement plus parlantes!

A moins que l’on aime l’image que pour elle même et pas l’idée que l’image fait apparaître..

Si on m’avait mis en avant le même support de réflexion en terminale, j’aurais sûrement eu plus que mon médiocre 4/20 en philosophie!

http://pedagogie.ac-amiens.fr/philosophie/sujets/matrix.htm

Le mensonge utile ?

Comment enrober la “vérité” (ou un simulacre de la vérité?) d’un parfum attirant, bien que totalement.. “théatral”, faisant partie des mythes et des Muses :

“car les hommes se trompent dans l’idée qu’ils s’en forment [des biens]. Le premier des biens, disent-ils, est la santé; le second, la beauté; le troisième, la vigueur; le quatrième, la richesse : ils en comptent encore beaucoup d’autres, comme d’avoir la vue, l’ouïe et les autres sens en bon état ; de pouvoir faire tout ce qu’on veut en qualité de tyran ; enfin le comble du bonheur, selon eux, ce serait de devenir immortel au même instant qu’on aurait acquis tous les biens dont je viens de parler…

Disons-nous au contraire, vous et moi, que la jouissance de ces biens est avantageuse à ceux qui sont justes et pieux

…le plus grand de tous les malheurs pour un homme serait d’être immortel, et de posséder tous les autres biens, hormis la justice et la vertu, et qu’en cet état, plus sa vie serait courte, moins il serait à plaindre?…

…Vous engagerez, je pense, vous contraindrez même vos poètes à tenir ce langage pour l’instruction de votre jeunesse, et à y conformer leurs mesures…

…Et quand cela ne serait pas aussi certain que la raison vient de nous le démontrer, si un législateur tant soit peu habile s’est cru quelquefois permis de tromper les jeunes gens pour leur avantage, fut-il jamais un mensonge plus utile que celui-ci, et plus propre à les porter d’eux-mêmes et sans contrainte à la pratique de la vertu ?…

…il n’est rien dont il ne puisse venir à bout de persuader la jeunesse…

…Il faut … que des hommes sobres président à la troupe des buveurs;”

Platon, Les Lois (Livre II)

&

“I have dreamed a dream, but now this dream has gone from me.”

Morpheus, Matrix Reloaded

L’éducation chez Platon

Un choix/Une sélection forcèment subjectif de ma part, mais/donc auquel j’adhère!

“Je dis donc que toute la force de l’éducation est dans une discipline bien entendue qui, par voie d’amusement, conduise l’âme d’un enfant à aimer ce qui, lorsqu’il sera devenu grand, doit le rendre accompli dans le genre qu’il a embrassé.”

“Mais quoi!  quel est celui qui vous paraît le mieux élevé par rapport à la chorée et à la musique, ou (1) celui qui connaît et qui sent ce qui est beau en ce genre et ce qui ne l’est pas, et qui exécute comme il connaît et comme il sent ; ou (2) celui qui connaît le beau et peut, soit en chantant, soit en dansant, le rendre parfaitement, mais sans en avoir d’ailleurs le sentiment, sans aimer le beau et sans haïr son contraire; ou (3) celui qui ne peut ni discerner ce qui est beau, ni l’exprimer par les mouvements, soit du corps, soit de la voix, mais qui en a un sentiment profond qui lui fait embrasser ce qui est beau, et détester ce qui ne l’est pas ?

Platon, Les Lois

“En quoi ces deux vertus diffèrent l’une de l’autre et pourquoi elles ont reçu deux noms, ce n’est pas difficile à expliquer ; et il en est de même des deux autres espèces. Mais pourquoi on a donné à ces deux-là et aux autres le nom commun de vertu, ce n’est plus aussi facile.”

Platon, Les Lois (Livre 12)

&

“À ceux qui descendent dans les mêmes fleuves surviennent toujours d’autres et d’autres eaux”

Héraclite, Fragments

Philèbe

“Ce qui est prodigieux, mon enfant, c’est de considérer comme unités des choses qui ne sont pas sujettes à la génération et à la corruption, comme dans les exemples que nous venons de voir. Car, en ce cas, quand il s’agit de cette sorte d’unité, on est d’accord, comme nous venons de le dire, qu’il ne faut pas la soumettre à l’examen.”

“C’est une voie qu’il n’est pas bien difficile d’indiquer, mais qui est très difficile à suivre..”

“Ainsi, comme je l’ai dit en entamant ce propos, celui qui nous a fait voir que le plaisir est soumis à la génération et qu’il n’a aucune espèce d’être, a droit à notre reconnaissance, car il est évident que cet homme-là se moque de ceux qui prétendent que le plaisir est un bien.”

“Que la fixité, la pureté, la vérité et ce que nous appelons l’essence sans mélange se rencontrent dans les choses qui sont toujours dans le même état, sans changement ni alliage, ensuite dans les choses qui s’en rapprochent le plus, et que tout le reste doit être tenu pour secondaire et inférieur.”

Platon

Le piège du langage

Copié collé de : http://www.kanjizai.fr/publication3_24.htm

Supposez qu’il y ait une tâche sur un mur. Vous en avez conscience jusqu’à un certain point, mais rien de plus. Puis, vous concentrez votre attention sur cette tâche et lui donnez un nom : “rond d’eau” par exemple. Suite à cela, chaque fois que vous pénétrez dans la pièce, vous verrez “rond d’eau” parce que vous lui avez donné un nom. La tâche a acquis ainsi une sorte de permanence. Avant de lui avoir donné un nom, cette tâche émergeait de l’ensemble du mur pour venir s’y fondre à nouveau. Mais après avoir été nommée, après avoir reçu un nom, elle ne peut plus se fondre de la même façon. Et si elle est enlevée, vous vous surprendrez à vous questionner : « Mais où est passée la tâche ? »

Cet exemple montre bien l’ambivalence du langage. Le langage est bien pratique, personne ne dira le contraire, mais il fixe et fige la réalité vivante et mobile. C’est pourquoi les maîtres de notre école nous mettent en garde contre l’attachement aux mots.

Sur la Voie, ressentir l’impermanence est important, mais bien peu la ressentent dans toute sa dimension. Et l’une des causes est l’attachement subtil aux mots qui fixent, figent la réalité qui ne cesse de changer. La Voie nous invite à aller au-delà du langage, à la source de l’esprit qui est silence, indifférenciation, au-delà des mots et des concepts.

Tout le défi de l’homme de la Voie, c’est d’utiliser le langage sans se laisser prendre au piège des représentations que le langage induit.

Dans le Sutra du Diamant, le Bouddha s’exprime ainsi : « Quiconque dit que le Tathagata expose un enseignement calomnie le Bouddha et se montre incapable d’expliquer ce que j’enseigne. Pourquoi ? Parce que le Tathagata dit que la vérité est insaisissable et inexprimable.»

Sur la Voie, l’essentiel, personne ne l’enseigne, même pas Bouddha, parce que cet essentiel ne peut pas s’exprimer dans des mots. Fondamentalement, l’enseignement est non-enseignement. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas enseigner mais qu’il ne faut jamais oublier que l’enseignement est aussi non-enseignement. Si on oublie cela, on calomnie le bouddha et on réduit le Dharma à une sorte de catéchisme en évacuant la dimension de l’inexprimable, la plus importante.

Ce qu’on peut exprimer est comparable à des particules de poussière flottant dans un rayon de soleil. L’éclat de ces particules n’est que le reflet de la lumière du rayon du soleil. De même, les paroles des maîtres ne sont lumineuses que parce qu’elles sont le reflet de cette lumière inexprimable de notre véritable nature.

Le Sūtra du Cœur

Hommage à la Sublime, Noble Perfection de Connaissance Transcendante (Prajñā) !

Le Noble Bodhisattva Avalokiteśvara se mouvait dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante ; il regarda attentivement et vit cinq agrégats d’existence, vides dans leur nature propre.

Voici Sāriputra, forme est vacuité (sūnyatā) et vacuité est forme ; forme n’est autre que vacuité, vacuité n’est autre que forme ; là où il y a forme, il y a vacuité, là où il y a vacuité, il y a forme ; ainsi en est-il des sensations, des notions, des facteurs d’existence et de la connaissance discriminative.

Voici Sāriputra, tous les phénomènes (dharma : phénomènes conditionnés et inconditionnés) ont pour caractéristique la vacuité ; ils sont sans naissance, sans annihilation, sans souillures et sans pureté, sans déficience et sans plénitude.

C’est pourquoi, Sāriputra, dans la vacuité, il n’y a ni forme, ni sensation, ni notion, ni facteur d’existence ni connaissance discriminative ; ni œil, ni oreille, ni langue, ni corps, ni mental ; ni formes, ni sons, ni odeurs, ni goûts, ni objets tangibles, ni objets mentaux ; ni élément de la vue jusqu’à ni élément de la connaissance mentale ; ni absence de Vue, ni cessation de l’absence de Vue jusqu’à ni déclin et mort, ni cessation du déclin et mort ; ni souffrance, ni origine, ni extinction, ni Sentier ; ni connaissance, ni obtention, ni absence d’obtention.

C’est pourquoi, Sāriputra, le Bodhisattva, par sa qualité de « sans obtention », prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, demeure, la psyché libre d’obstruction. N’ayant pas d’obstructions de la psyché, il est sans crainte, il a surmonté les méprises et il atteint finalement l’Eveil (nirvāna).

Tous les Eveillés (Buddha) qui se tiennent dans les trois périodes de temps, prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, se sont pleinement éveillés du parfait et complet Eveil.

C’est pourquoi on doit connaître la Perfection de Connaissance Transcendante comme le grand mantra, le mantra de grande Vue, le mantra ultime, le mantra sans égal, celui qui soulage de toute douleur, essentiel, sans erreur. Par la Perfection de Connaissance Transcendante ce mantra a été proclamé ainsi :

« Allée, allée, allée au-delà, allée complètement au-delà, Eveil (Bodhi), svāhā ».

Telle est la conclusion du Cœur de la Perfection de Connaissance Transcendante.

Quelles sont les limites de l’Europe ?

Je passe sous silence beaucoup d’idées à la grecque, ou plutôt à l’orientale…”

Platon, en disant aux Grecs ce que tant de philosophes des autres nations avaient dit avant lui”

Voltaire, Dictionnaire Philosophique (Platon)

L’orgueil humain

Voltaire

Voltaire

“Ne nous étonnons pas que l’homme, avec tout son orgueil, naisse entre la matière fécale et l’urine…”

Voltaire, Dictionnaire Philosophique (l’Honneur)

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